Olé, poème

Olé

 

Du héros il avait le regard pénétrant

Que le simple mortel envie à l'impétrant.

Par son allure altière et son port souverain

Il tourmentait les hommes, même les plus sereins.

 

De l'arène il était le maître vénéré

Que le taureau sans âme se devait d'honorer

En acceptant la mort, museau dans la poussière,

Sans peur pour ce retour à la terre nourricière.

 

Des hommes lui restaient de vagues souvenirs

De larmes qu'emporteraient les vagues à venir

Quand face à l'ennemi déjà trop affaibli

Il planterait une arme, plongerait dans l'oubli.

 

Du triomphe espéré il récolta les fruits,

Et, devoir accompli, il s'éloigna sans bruit.

A peine entendit-il un souffle inattendu

Venu de l'animal désormais détendu.

 

Seul avec sa mémoire il pensait à sa gloire,

Aux lendemains heureux qui feraient son histoire,

Celle d'un combattant collectionneur d'oreilles

Qui n'aurait pas sa place au pays des merveilles.

 

Et quand la nuit venue, rêvant ses forfaitures,

Il tairait la conscience doutant de sa droiture,

Ses trophées glorieux placés près de son cœur

Lui feraient oublier tous ses instincts de tueur.

 

Là-bas, la terre souillée avait tout effacé,

De ce combat mortel qui avait terrassé

Un animal comprenant, lors du coup létal

Qu'un homme décidait de son destin fatal.

 

Gérard Derivière

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Commentaires (3)

1. algwen 06/11/2010

Bonjour,
Je reviens et découvre avec bonheur ce poème. C'est bien écrit et très profond. Je rends grâce à son auteur! Algwen

2. anne 07/10/2010

Chapeau, très beau poème

3. Styl'Âme 05/10/2010

J'ai beaucoup aimé découvrir ce poème. Il semble si vivant, si réel. Je connais bien son sens, vivant près des arènes et déplore les actes de ces chasseurs d'oreilles.

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