L'enfant loup
Ecoutez, braves gens,
La complainte de Jean,
L'enfant au regard fou
Elevé par les loups.
Le village dormait
Mais la louve veillait.
La morsure de l'hiver
Faisant pleurer les mères.
La bête s'enhardit,
S'approche des logis.
Une ouverture offerte,
Elle se glisse, gueule ouverte.
Un sanglot étouffé
Dirige ses pas feutrés...
Dans ses mâchoires fortes
Petit homme elle emporte.
Près de ses frères loups,
Il perd l'image floue
Du monde qu'il connut
Au soir de sa venue.
Les hurlements des siens,
Défirent les derniers liens,
Et la parole humaine
Rompit sa dernière chaîne.
Il apprit à courir,
Usant de quatre pattes,
Il sut bientôt dormir
En se privant de natte.
Il était le sauvage,
L'habitant des forêts,
celui qu'on met en cage
Et celui qui effraie.
Du village en colère
S'élevèrent les cris
Réclamant la lumière
Sur le malheur décrit.
Les loups furent abattus
Puis brûlés sur le champ,
Et les parents émus
retrouvèrent leur enfant.
La morale était sauve, et l'homme était vainqueur;
Sa grandeur infinie avait fait fuir la peur.
Et Jean? me direz-vous. Pour que vous le sachiez
Apprenez, braves gens, qu'il se faisait bien...
Gérard Derivière
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1. Par Annie le 13/01/2012
Hi, it is so wonderful